Alors que le monde s’accélère et s’encombre d’informations, Baptiste Trotignon choisit de faire un pas de côté.
Avec Art Is Simple, son 25ᵉ album paru le 4 septembre 2026 sous le label naïve (distribution Believe), le pianiste et compositeur français délaisse la démonstration et la complexité des musiques dites « savantes » pour bâtir un abri sonore élégant, éthéré et profondément apaisant.
Un répertoire inédit qui s’impose comme une évidence : quand la simplicité devient un acte de résistance.
Céline Galant
Une écriture à l’instinct : la règle de l’heure unique pour Baptiste Trotignon.
Après plusieurs projets consacrés aux reprises, Baptiste Trotignon est revenu à la composition avec une contrainte de création radicale : une heure maximum pour composer chaque morceau.
« Cela permet de ne pas se disperser et de ne pas succomber à la tentation de charger trop le langage, et surtout de rester dans mon intuition, d’accueillir l’idée qui arrive avec confiance et de s’y tenir ! » explique l’artiste.
Un univers cinématographique au croisement du jazz, de la pop et de la nu-soul
Accompagné par Raphaël Pannier à la batterie et Jérôme Regard à la basse et contrebasse, le pianiste explore un instrumentarium mixte au piano et au Fender Rhodes. L’album s’éloigne des codes traditionnels du jazz — la part d’improvisation y est réduite pour laisser place à des atmosphères très planantes, presque cinématographiques.
L’œuvre se nourrit de multiples influences qui dépassent les frontières du jazz : la chanson, la folk et la nu-soul. Fait plus rare pour un album de cette esthétique, le trio a accordé un soin particulier à la « post-production », façonnant, structurant et triturant les sonorités après l’enregistrement pour parfaire chaque tableau.
Un refuge face au chaos du monde
Sans poser de revendication politique explicite, Baptiste Trotignon envisage le fait même d’être artiste comme un engagement. Face à un monde contemporain confus et saturé, Art Is Simple offre une réponse douce mais ferme : proposer un abri et alléger le superflu.
« C’est ma façon de participer et de répondre personnellement à cette question du monde contemporain tel qu’il évolue aujourd’hui […], essayer de se protéger un peu de tout ça, d’y opposer une forme de résistance, et tenter de trouver un abri sûr si on ne veut pas se perdre. »